Geneviève Jeanson : la spirale du dopage

C'est un évènement un peu surprenant qui met actuellement en avant le film "La petite reine", présenté au Festival du film francophone d'Angoulême : plusieurs spectateurs se seraient évanouis lors de sa projection à cause d'une longue scène de dopage.

Au delà de l'anecdocte, (hé oui, le dopage, ce n'est pas très agréable à observer, malheureusement beaucoup de gens semblent oublier ce que ça implique très concrètement !), cet incident attire notre attention sur un film qui n'est pas encore sorti en France et qui nous fait découvrir le vécu personnel d'un athlète dopé.

La petite reine est inspiré de la carrière de la cycliste Geneviève Jeanson, jeune prodige du cyclisme cannadien.

Née le 29 août 1981, la cycliste Geneviève Jeanson commence à faire parler d'elle à la fin des années 90 à la suite de plusieurs victoires remportées en course sur route. Son histoire se complique toutefois en octobre 2003 lors des Championnats du monde de cyclisme à Hamilton où un contrôle détecte une quantité d'hématocrite trop élevée. Un mois plus tard éclate l'affaire du docteur Maurice Duquette, un praticien de Montréal, qui reconnaît devant le Collège des médecins avoir prescrit de l'EPO à une cycliste québécoise de premier rang. En conférence de presse, Geneviève Jeanson s'identifie comme cette cycliste, mais nie catégoriquement avoir pris cette substance.
À la suite d'un "no show" puis d'un controle positif à l'EPO, Geneviève Jeanson est suspendue pour deux ans en novembre 2006. Le mois suivant, elle annonce la fin de sa carrière.
Le 20 septembre 2007, dans un reportage de l'émission Enquête à Radio-Canada, elle reconnaît avoir consommé de l'EPO depuis l'âge de 16 ans : «J'ai pris de l'EPO depuis l'âge de 16 ans, et ce, presque à longueur d'année....; j'étais prête à tout pour gagner». A cette époque, son taux d'hématocrite atteint 56%, et bien que consciente de prendre un risque vital, elle continuera de consommer de l'EPO.
«Je savais que ce n'était pas bien, mais j'étais prise dans l'engrenage, je n'avais pas les outils pour m'en sortir et je ne voulais pas décevoir les gens de mon entourage, a-t-elle admis. Ce qui fait le plus mal est d'avoir menti aux gens qui me croyaient. Mais c'était la seule chose à faire. Il s'agit d'une culture dans le milieu du cyclisme."

Au moment de ses aveux, elle revient également sur la relation complexe qu'elle entretenait avec son entraîneur André Aubut : «Je gagnais des courses pour qu'il se ferme la gueule, mais encore là, il n'était jamais satisfait. Par contre, je lui demandais de me pousser. Je ne voulais pas faire partie de la parade. Je voulais la diriger. Pour ce qui est de l'EPO, ce n'est pas moi qui décidait d'en prendre.»

Après un exil de plusieurs années aux USA, Geneviève Jeanson a choisi de revenir chez les siens, à Montréal, et de terminer ses études collégiales pour entrer à l'université.

Elle a collaboré au tournage de "La petite reine" comme consultante et se dit heureuse du résultat.