Prévalence du dopage et contrôles positifs : quel est le lien ?

"Nous reconnaissons que des analyses réalisées au fil des ans suggèrent que la prévalence du dopage est nettement plus élevée que ne l’indique notre rapport sur les données de contrôles antidopage, qui chiffre les résultats d’analyse anormaux actuels entre 1 et 2 %." vient de déclarer le directeur général de l’Agence Mondiale Antidopage, David Howman.

Depuis longtemps, le volume réel du dopage dans le sport d'élite pose question. Entre les "tous dopés" ; "il n'y a pas de dopage dans ma discipline puisque que ce n'est pas utile" ou encore ; "il n'y a pas de dopage puisqu'il n'y a pas de contrôles positifs..." ; il est difficile de s'y retrouver.

La déclaration du directeur général de l'Agence Mondiale Antidopage est importante, elle permet de sortir de la logique l'équivalence : nombre de contrôles positifs/volume réel de dopage ; elle permet aussi de mettre en avant les études qui se penchent sur la question de la prévalence du dopage chez les sportifs depuis de nombreuses années.

Que nous disent ces études :

- Prévalence du dopage sanguin chez les athlètes élite ... de  Sottas et collaborateurs publiée en 2011 étudie la prévalence du dopage à partir des échantillons sanguins des athlètes et y repère les paramètres anormaux qui signent l'utilisation de produits ou de méthodes dopantes. Cette étude montre que chez les athlètes d'endurance de certains pays, jusqu'à 48% des résultats sont anormaux (toutes causes naturelles ou pathologiques étant exclues).

- Prévalence du dopage chez les sportifs élites : revue des données et des méthodes de Hon et collaborateurs publiée en 2015 rassemble les multiples études menées sur la prévalence du dopage dans le sport d'élite à partir de méthodes variées (enquêtes, prélèvements sanguins...). Cette étude montre que le dopage intentionnel des sportifs élites se situe entre 14% et 39% des personnes et met en évidence des variations importantes selon le sport ou le pays concerné.

Ces chiffres montrent clairement que le nombre de sportifs qui se dopent est bien plus élevé que les 1 à 2% de contrôlés positifs au niveau mondial. Ils posent également la question de la pertinence de la politique de contrôle telle qu'elle est menée actuellement. Le nouveau code mondial antidopage propose plusieurs pistes pour faire évoluer ces procédures.