Saisie d'EPO à Font Romeu : quelques explications.

Des ampoules d'EPO ont été trouvées dans l'appartement d'un groupe d'athlète à Font Romeu par la gendarmerie vendredi dernier. Cette saisie est le fruit d'une collaboration entre la gendarmerie, l'agence française de lutte contre le dopage et la fédération d'athlétisme.

Quelques précisions sur les éléments clés de cette affaire :

- L’Erythropoïétine (EPO) est une hormone peptidique qui appartient à la classe chimique des glycoprotéines. Sécrétée naturellement par les reins (80%) et le foie (20%), l'érythropoïétine stimule la production de globules rouges et permet d'augmenter la quantité d'oxygène transportée par le sang. Elle est sécrétée dès que la concentration sanguine en oxygène (pression partielle en oxygène) diminue.
L'EPO est une hormone à l'état naturel. Plusieurs médicament ont été synthétisés pour répondre à des maladies identifiées (insuffisance rénale, cancers...) et ont une action similaire à cette hormone. L'utilisation de cette substance en dehors d'une maladie spécifique qui en justifie l'usage est dangereux pour la santé. L'EPO entraine des modifications de la composition du sang et provoque des problémes graves comme l'épaississement du sang et le ralentissement de la circulation sanguine, ou encore une insuffisance rénale aigüe.

L'EPO fait partie de la liste substances interdites du code mondial antidopage (classe S2 des hormones peptidiques). Le premier test de détection de l’EPO a été introduit aux Jeux olympiques d’été de 2000 à Sydney (Australie).

- Les athlétes des disciplines d'endurance (du 800 mètres au marathon) font régulièrement des séjours au Centre National d’Entrainement en Altitude de Font Romeu (Pyrénnées Orientales). En effet, s'entraîner en altitude présente de nombreux bénéfices comme une augmentation de la concentration du sang en hémoglobine et ce sans dépasser les seuils physiologiques. Cette augmentation entraîne une amélioration de la puissance maximale aérobie et donc une amélioration des résultats pour les sports d’endurance. Néanmoins de nombreux facteurs doivent être pris en compte pour tirer un réel bénéfice de cette pratique (gestion très précise des périodes et charges par exemple). Ces améliorations s'accompagnent également de certains effets secondaires (accidents pulmonaires à très haute altitude, maux de tête, troubles du sommeil).

Certains spécialistes font également l'hypothèse que les sportifs qui utilisent le dopage sanguin (dopage à l'EPO par exemple), se servent des stages en altitude pour masquer les modifications de leur passeport biologique. Vous trouverez ici une explication approfondi à ce sujet : http://www.cyclisme-dopage.com/dossierdefond/2013-04-21-cyclisme-dopage.htm