M1. Manipulation de sang ou de composants sanguins

Le dopage sanguin consiste à utiliser certaines techniques et/ou substances pour augmenter la quantité de globules rouges dans le sang. Il permet de transporter davantage d’oxygène vers les muscles dans le but d’augmenter l’endurance et d’améliorer la performance. Les substances et méthodes les plus connues utilisées à des fins de dopage sanguin sont les transporteurs d’oxygène synthétiques et les transfusions sanguines.

Le code mondial antidopage précise que ce qui suit est interdit :

1. L’administration ou réintroduction de n’importe quelle quantité de sang autologue, allogénique (homologue) ou hétérologue ou de globules rouges de toute origine dans le système circulatoire.

La transfusion sanguine correspond à l’injection de produit sanguin directement dans la circulation veineuse d’un individu.

La transfusion autologue consiste en la réinjection au donneur de son propre sang ou d’une fraction de celui-ci après prélèvement et conservation. Le patient est donc son propre donneur.
La transfusion homologue consiste à donner du sang à une personne pris sur une autre personne jamais transfusée et dotée d’un groupe sanguin compatible. La transfusion hétérologue consiste à donner le sang d'un groupe de donneurs compatibles, mais ce type de transfusion est rarement utilisé dans les protocoles de dopage.

L’Agence mondiale Antidopage, «a mis en place un test de détection des transfusions sanguines homologues aux Jeux olympiques d’été de 2004 à Athènes (Grèce).
Afin d’améliorer encore la détection de profils sanguins anormaux, l’AMA développe également une stratégie antidopage baptisée « passeport de l’athlète », basée sur le suivi longitudinal de variables biologiques d’un sportif. L’objectif de cette stratégie est de détecter des variations anormales de variables biologiques déterminées afin de mieux cibler les contrôles et/ou de sanctionner les sportifs présentant des variations anormales .
 
La transfusion sanguine comporte des risques, immunologiques, infectieux et de choc transfusionnel, qui inscrivent son indication dans l’évaluation de la balance risques bénéfices. L’amélioration de la performance constitue un bénéfice insuffisant au regard des risques encourus.
Des risques de surcharge transfusionnelle, par excès de volume  du compartiment  sanguin,  ou d’hémochromatose, par surcharge en fer dans les transfusions répétées sont très élevés dans les pratiques de dopage par transfusion sanguine.

2. L'amélioration artificielle de la consommation, du transport ou de la libération de l’oxygène incluant, sans s’y limiter, les produits chimiques perfluorés, l’éfaproxiral (RSR13) et les produits d’hémoglobine modifiée, par ex.les substituts de sang à base d’hémoglobine et les produits à base d’hémoglobines réticulées, mais excluant la supplémentation en oxygène.

Les transporteurs d’oxygène synthétiques sont adaptés à des fins thérapeutiques quand du sang humain n’est pas disponible, que les risques d’infections sanguines sont importants, ou qu’il n’y a pas assez de temps pour vérifier que le sang d’un donneur est compatible avec celui du patient. Cependant, leur mésusage à des fins de dopage comporte notamment des risques de troubles cardiovasculaires et d’autres types (par exemple attaques cardiaques, infarctus du myocarde, embolies).
Des tests ont été mis en place par les autorités antidopage en 2004 pour détecter les transporteurs d’oxygène synthétiques.

Sont également interdits les produits d’hémoglobine modifiée (par ex. les substituts de sang à base d’hémoglobine, les produits à base d’hémoglobines réticulées), mais excluant la supplémentation en oxygène.

3. Toute manipulation intravasculaire de sang ou composant(s) sanguin(s) par des méthodes physiques ou chimiques.