S2. Hormones peptidiques, facteurs de croissance et substances apparentées et mimétiques

La classe des hormones peptidiques, facteurs de croissance et substances apparentées regroupent différentes hormones dont les effets et les risques sont variés.

Les substances qui suivent, et les autres substances possédant une structure chimique similaire ou un (des) effet(s) biologique(s) similaire(s), sont interdites selon le code mondial antidopage :

1. Agonistes du récepteur de l’érythropoïétine :

1.1 Agents stimulants de l’érythropoïèse (ESAs) par exemple :

darbépoétine (dEPO),

EPO -Fc,

érythropoïétine (EPO),

méthoxy polyéthylène glycol-époétine béta (CERA),

peptides mimétiques de l’EPO (EMP), par ex.CNTO 530 et péginesatide (Hématide).

1.2 Agonistes non-érythropoïétiques du récepteur de l’EPO, par exemple :

ARA-290,

asialo-EPO,

EPO carbamylée.

L’Erythropoïétine (EPO) est une hormone peptidique qui appartient à la classe chimique des glycoprotéines. Sécrétée naturellement par les reins (80%) et le foie (20%), l'érythropoïétine stimule la production de globules rouges et permet d'augmenter la quantité d'oxygène transporté par le sang. Elle est sécrétée dès que la concentration sanguine en oxygène (pression partielle en oxygène) diminue.
L'EPO est une hormone à l'état naturel. Plusieurs médicament ont été synthétisés pour répondre à des maladies identifiées (insuffisance rénale, cancers...) et ont une action similaire à cette hormone. L'utilisation de cette substance en dehors d'une maladie spécifique qui en justifie l'usage est dangereux pour la santé. L'EPO entraine des modifications de la composition du sang et provoque des problémes graves comme l'épaississement du sang et le ralentissement de la circulation sanguine, ou encore une insuffisance rénale aigüe.

L'EPO utilisé par une personne bien portante en dehors de tout contexte et de toute surveillance médicale est une substance dangereuse pour la santé : elle peut être mortelle.

Le premier test de détection de l’EPO a été introduit aux Jeux olympiques d’été de 2000 à Sydney (Australie). Ce test, validé par le Comité international olympique (CIO), était basé sur un premier test de dépistage basé sur le sang, puis un contrôle urinaire pour confirmer la possible utilisation d’EPO.
En juin 2003, l’AMA a validé les résultats d’une étude indépendante affirmant que les tests urinaires pouvaient suffire pour détecter la présence d’EPO recombinante. Cette étude recommandait également que les contrôles urinaires soient utilisés combinés au dépistage sanguin, et ce pour plusieurs raisons, parmi lesquelles le coût moindre du dépistage sanguin effectué avant le contrôle de l’urine.

2. Stabilisateurs et activateurs de facteurs inductibles par l’hypoxie (HIF) par exemple :

cobalt,

FG-4592 (Roxadustat par exemple),

xénon,

argon.

3. Gonadotrophine chorionique (CG) et hormone lutéinisante (LH) et leurs facteurs de libération (buséréline, gonadoréline et triptoréline), interdites chez le sportif de sexe masculin seulement ;

4. Corticotrophines et leurs facteurs de libération par exemple corticoréline.

5. Hormone de croissance (GH) et ses facteurs de libération incluant l'hormone de libération de l’hormone de  croissance (GHRH) et ses analogues, par ex. CJC-1295, sermoréline et  tésamoréline ; sécrétagogues de l’hormone de croissance (GHS), par ex. ghréline et mimétiques de la ghréline, par ex. anamoréline et ipamoréline ; peptides libérateurs de l’hormone de croissance (GHRPs), par ex. alexamoréline, GHRP-6, hexaréline et pralmoréline (GHRP-2).

De plus, les facteurs de croissance suivants sont interdits :

Facteur de croissance dérivé des plaquettes (PDGF),

facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF),

facteur de croissance analogue à l’insuline-1 (IGF-1) et ses analogues,

facteur de croissance des hépatocytes (HGF),

facteurs de croissance fibroblastiques (FGF),

facteurs de croissance mécaniques (MGF),

ainsi que tout autre facteur de croissance influençant, dans le muscle, le tendon ou le ligament, la synthèse/dégradation protéique, la vascularisation, l’utilisation de l’énergie, la capacité régénératrice ou le changement du type de fibre et les autres substances possédant une structure chimique similaire ou un (des) effet(s) biologique(s) similaire(s).

L’hormone de croissance, GH ou somatotropine est une hormone polypeptidique sécrétée par la partie antérieure de l’hypophyse. Elle est interdite en et hors compétition.
Par son action stimulante de la construction (anabolisme) protéique, de la mobilisation des réserves de lipides et de glucides, l’hormone de croissance contribue en théorie à la performance sportive et à la récupération après l’effort. Dans les faits, son apport spécifique à la performance reste très controversé.
Outre la maladie de Creutzfeld Jakob secondaire à l’ingestion d’hormone de croissance issue de cerveau de mouton contaminé par des prions, la consommation de GH de synthèse hors cadre médical comporte des risques multiples : diabète, accidents vasculaires, acromégalie, douleurs et œdèmes articulaires. Le dopage dans le contexte de la supplémentation hormonale « anti âge » comme dans le contexte sportif, a montré des effets secondaires importants et fréquents, y compris à court terme.
Un test de l’hormone de croissance a été introduit aux Jeux olympiques d’été d’Athènes (Grèce), en 2004. Ce test est un test sanguin.
L'Agence Mondiale Antidopage « encourage les organisations antidopage ayant adopté le Code mondial antidopage à conserver les échantillons de sang dans les cas appropriés. Le Code mondial antidopage permet d'ouvrir une procédure disciplinaire dans les huit ans à compter de la date de la violation des règles antidopage ».
Ainsi, comme l’ont montré les chercheurs, puisque l’hormone de croissance reste très stable dans le sérum ou le plasma congelé, il est possible de réaliser des contrôles dans le futur à partir des liquides du sang congelé.